Chapitre 1 ***

Publié le par Kervinia

  Assise sur son lit, un carnet sur les genoux, Itzana réfléchissait en machouillant un stylo. Elle ouvrit son carnet à la première page.
  - Voilà comment tout a commencé...
  Itzana ferma les yeux et la première de ses visions lui revint à l'esprit...
  C'était un début d'après-midi au mois de mai. Une petite fille, qui ressemblait étrangement à une version miniature d'Itzana, fêtait son huitième anniversaire en plein air. Gaieté générale, sourires à profusion et, surtout, inconscience du danger. La mort rôde, et personne ne la sent ; erreur fatale ! Le sang n'allait pas tarder à parfumer le gâteau. De fait, alors que la gamine s'apprêtait à souffler ses bougies, un homme s'effondra, un poignard lui transperçant la gorge. Les rires moururent avec lui. Un silence glacial, plus pesant que celui d'un cimetière, s'imposa violemment, puis ce fut l'anarchie. Jets de pierres, coups et lancers de couteaux, effroyables corps-à-corps, chiens enragés,... Mais pas une seule arme à feu.
  Dans ce déluge sanglant, la petite fille est seule et elle tremble de peur. Elle cherche désespérément quelqu'un des yeux. La voilà ! Il semblerait que ce soit sa soeur.
  - Sandy ! Sandy !
  Sandy se retourne ; la petite fille tend la main ; Sandy veut la rejoindre, mais elle est emportée par une marée humaine. Impossible de lutter ; tant de vagues et tant de violence ! La main de la fillette ne rencontre que le vide.
  - Sandy ! Sandy !
  C'est alors qu'une main assassine brandit un poignard, prête à frapper la petite fille pour l'envoyer aux frontières d'un autre monde. Par bonheur, celle-ci eut un réflexe heureux et évita la lame. Elle partit désespérément en quête d'un refuge et fut paniquée de ne pas en trouver. Et cette main meurtrière qui revenait à la charge... La fillette hurla, dévorée par l'épouvante. Deux grands yeux noirs amplis d'une haine effroyable la fixaient intensément. ne pas se laisser faire ! Ne pas se laisser impressionner ! Elle lutta, lutta, lutta encore et encore, jusqu'à ce que l'issue lui semble tellement évidente que la paralysie la gagna tout à fait. Fermant les yeux, sans un mot, elle attendit le coup fatal.
  - Meurs, sale pourriture !
  Elle attendit le coup fatal, mais il n'eut jamais lieu. L'agresseur eut un hoquet de surprise : un aigle, fondant droit sur lui, lui arracha l'arme des mains, puis l'envoya valser au loin. Le garçon eut à peine le temps de comprendre ce qui venait de se passer que l'aigle fondit de nouveau sur lui pour l'attaquer. Sans chercher à comprendre ce spectacle étrange, la fillette s'enfuit à toutes jambes.

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