Chapitre 1

Publié le par Kervinia

Voici le tout tout début du chapitre 1... J'avance à tous petits pas, de peur de me tromper une fois encore. Je n'ai jamais cessé de prendre des faux départs avec cette histoire. L'héroïne a encore une fois changé de nom. A présent, j'ai décidé de l'appeler Itzana.

Chapitre 1

  La mer dort ; petites vagues tranquilles. Pas un son, pas un bruit - ou presque : quelques murmures amplis de douceur et de sourires parviennent jusqu'aux oreilles d'Itzana. Elle frémit : un petit vent coquin danse autour d'elle, la poussant, la secouant et mettant ainsi à mal son impassibilité première. Elle soupire : son coeur, dévoré par la solitude et la mélancolie, souffre, la fait souffrir, la tue. Coeur assassin coiffé de l'innocence, calme tes ardeurs ! Ta maîtresse pleure, ta maîtresse sanglote ; elle se sent habitée par un vide qu'elle ne sait comment combler. La plage est vide elle aussi, mais elle n'en est que plus belle. Le ciel est vide lui aussi, mais il n'en est que plus doux. Le vide qui habite Itzana n'est ni beau, ni doux ; il est juste terrifiant, comme le néant.
  Des notes sur un piano. Oh, non ! ça recommence ! Une main douce et aguke apparaît dans les airs. Non ! Non ! Non ! Itzana veut fuir, mais elle reste lamentablement pétrifiée sur place. Les touches du piano apparaissent une à une. Une autre main. Un instrument qui se complète. Un corps élégant. Une femme qui sourit. Du mal respirer ! Du mal à respirer ! Mais peu à peu, Itzana se calme, ensorcelée par le spectacle qui s'offre à elle. La voix de la pianiste s'élève, arpègeant gracieusement, au grand plaisir de la jeune fille, toujours aux mains de son immobilité. Le temps semble suspendu et le ciel émerveillé. La lune y sourit avec une franche complicité et les étoiles se pâment devant tant de beauté. Même les grains de sable, cousins de la poussière, frémissent de plaisir.
  Et puis, le piano, la voix, tout s'arrête. La femme semble hésiter... Ses mains frêles et extraordinairement blanches sont suspendues dans le vide, au-dessus des touches. Sa tête se retourne, faisant voleter quelques cheveux roux qui se remettent tout de suite à leur place, puis dans un sourire, la jeune femme dit quelque chose à son interlocuteur invisible, sans qu'Itzana puisse percevoir un seul des mots prononcés. Faisant de nouveau face à son instrument, la pianiste se remit à jouer, accompagnant ses accords d'une chanson qui frappa l'esprit de son auditrice...
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