"De l'inconvénient d'être né", Cioran (2)

Publié le par Kervinia

Natacha et Nathalie se demandent pourquoi je lis un tel auteur, surtout lorsque je suis déprimée, mais je trouve que mine de rien, il me remonte le moral. Cela peut paraître singulièrement paradoxal, je le confesse, mais c'est comme ça. ^__^

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"A quel point l'humanité est en régression, rien ne le prouve mieux que l'impossibilité de trouver un seul peuple, une seule tribu, où la naissance provoque encore deuil et lamentations."

"De quel droit vous mettez-vous à prier pour moi ? Je n'ai pas besoin d'intercesseur, je me débrouillerai seul. De la part d'un misérable, j'accepterais peut-être, mais de personne d'autre, fut-ce d'un saint. Je ne puis tolérer qu'on s'inquiète de mon salut. Si je l'appréhende et le fuis, quelle indiscrétion que vos prières ! Dirigez-les ailleurs ; de toutes manières, nous ne sommes pas au service des mêmes dieux. Si les miens sont impuissants, il y a tout lieu de croire que les vôtres ne le sont pas moins. En supposant même qu'ils soient tels que vous les imaginez, il leur manquerait encore le pouvoir de me guérir d'une horreur plus vieille que ma mémoire."

"Avoir commis tous les crimes, hormis celui d'être père."

"Ma faculté d'être déçu dépasse l'entendement. C'est elle qui me fait comprendre le Bouddha, mais c'est elle aussi qui m'empêche de le suivre."

"Le vrai contact entre les êtres ne s'établit que par la présence muette, par l'apparente non-communication, par l'échange mystérieux et sans parole qui ressemble à la prière intérieure."

"Ce que je sais à soixante, je le savais aussi bien à vingt. Quarante ans d'un long, d'un superflu travail de vérification..."

"Le paradis n'était pas supportable, sinon le premier homme s'en serait accommodé ; ce monde ne l'est pas davantage, puisqu'on y regrette le paradis ou l'on en escompte un autre. Que faire ? ou aller ? Ne faisons rien et n'allons nulle part, tout simplement."

"Qu'est-ce qu'une crucifixion unique auprès de celle, quotidienne, qu'endure l'insomniaque ?"

"Je pense à tant d'amis qui ne sont plus, et je m'apitoie sur eux. Pourtant, ils ne sont pas tellement à plaindre, car ils ont résolu tous les problèmes, en commençant par celui de la mort."

"Pendant des années, en fait pendant une vie, n'avoir pensé qu'aux derniers moments, pour constater, quand on en approche enfin, que cela aura été inutile, que la pensée de la mort aide à tout, sauf à mourir !"
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Publié dans Livres & Mangas

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L
ERsilia nous propose des textes très intéressants, à l'apparence philosophique. C'est sympa et merci de nous faire partager de petites passions.Bisous.
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